Voyage en Guadeloupe avec Alexis Dulin

Le cyclisme, sport numéro un sur l'île

  • dimanche 6 septembre 2015

Revenons un peu en arrière. Du 31 juillet au 9 août, le Tour Cycliste International de Guadeloupe s’est déroulé dans la ferveur générale. Boris Carène (coureur local) a remporté la 65ème édition de l’épreuve. Parmi les coureurs qui ont participé à l’épreuve antillaise, l’équipe Team Pro Immo Nicolas Roux a marqué les esprits. Nous sommes donc retournées à la rencontre d’Alexis Dulin pour en savoir plus.

 Au début du mois de mai, tu as remporté une étape du Tour du Chablais-Léman. Comment vas-tu depuis ?

Oui, j’étais très heureux d’avoir pu remporter la dernière étape. C’était la première course montagneuse de l’année, j’étais donc vraiment motivé. Depuis globalement ça va, j’ai connu quelques coups de moins bien sur le Tour des Pays de Savoie et les championnats de France, peut-être que j’ai voulu trop bien faire en me mettant trop de pression. Mais j’ai aussi eu de bons résultats en faisant 2ème du Tour du Pays Roannais, en gagnant le circuit de la Drôme…

  • Quels sont les moments forts de ton été ?

Justement, le Tour du Pays Roannais où je passe de la 8ème place à la 2ème le dernier jour. Il m’aura manqué quelques secondes perdues le premier jour lors du critérium en ville pour gagner, c’est vraiment dommage. Ensuite, il y a eu le circuit de la Drôme où je gagne une étape et le général. Le dernier jour, mes coéquipiers ont roulé toute l’étape, j’ai juste eu à me débrouiller seul dans les cinq derniers kilomètres, c’était top ! Puis bien sûr le Tour de Guadeloupe.

  • Tu as donc participé au Tour de Guadeloupe, peux-tu nous raconter ta course ?

Nous nous attendions à ce que ça roule vite, mais à ce point vraiment pas ! Personnellement, c’est la course où j’ai le plus souffert juste pour tenir les roues dans le peloton. J’ai donc très vite abandonné l’idée de jouer le classement général. Puis nous venions d’enchaîner le Tour d’Auvergne, une Coupe de France juste après, neuf heures d’avion et six heures de décalage horaire. Etant loin au classement général, lors de la 5ème étape, je me suis glissé dans une échappée et j’ai pris plein de points pour le classement à pois sans m’en rendre compte. Le soir, j’ai vu que j’étais dans les premiers à ce classement et je me suis dit : pourquoi ne pas essayer de prendre le maillot à pois ? Puis en courant pour gagner ce maillot, je courrais devant, en prenant le plus d’échappées possibles, avec à chaque fois les caméras des télés locales qui filmaient. Les gens commençaient à me connaître et crier mon nom en m’encourageant, même dans le gruppetto ! C’était très motivant et j’en avais besoin !

Au final, j’ai gagné le maillot à pois, devant Boris Carène, le vainqueur du Tour de Guadeloupe qui ne voulait d’ailleurs pas laisser filer le maillot à pois comme ça.  Je suis aussi passé pas loin de gagner la dernière étape en étant le dernier échappé à résister et je me fais reprendre dans le dernier kilomètre.

  • Le parcours a-t-il été exigeant ?

Oui le parcours était vraiment exigeant. L’île, plutôt « plate » d’un côté mais propice aux bordures et montagneuse de l’autre côté sans un mètre de plat. En course, nous étions toujours en prise, jamais un moment de répit, entre les coups de bordures, les montées sèches, les descentes rapides et techniques… Je crois que c’était ça le plus dur, les moments pour souffler en course étaient très rares.

  • As-tu eu l’impression de tourner en rond sur l’île, ou pas du tout ?

Non pas vraiment, c’est sûr que l’on rempruntait souvent les mêmes 2×2 voies qui traversent l’île mais je n’ai jamais eu l’impression de tourner en rond. Les étapes étaient toutes différentes. L’île est quand même assez grande et quand nous empruntions le bord de mer, c’était vraiment magnifique mais dur aussi. Je ne me suis jamais ennuyé.

  • Comment as-tu trouvé l’ambiance sur le parcours, et autour de ce Tour ?

Ah l’ambiance ! Incroyable je n’avais jamais vu ça de ma vie. Il y avait continuellement du monde au bord des routes. Le plus impressionnant, c’était dans les bosses. Les gens s’écartaient au dernier moment comme dans l’Alpe d’Huez, sans exagérer ! Lors du contre-la-montre en côte de Saint-Claude, j’ai rattrapé un coureur et je n’ai pas pu le doubler de suite car je n’avais pas la place de passer. En haut des bosses, il me fallait quelques instants avant de pouvoir à nouveau entendre correctement, surtout lorsque j’étais en échappée. C’était génial ! Autour du Tour c’était pareil, il y a les télévisions qui retransmettent la course, les radios avec notamment Luc Leblanc en consultant sur une moto, on se croirait sur une course professionnelle.

  • As-tu ressenti un engomment pour le cyclisme en Guadeloupe ?

Oui, énorme même. Avec Maxime Roger, un soir on discutait avec deux gardes de nuit d’une plage près de l’hôtel et ils nous disaient que le cyclisme est le sport numéro un en Guadeloupe, mais ça on l’avait bien deviné sur la route. Ils nous ont aussi dit que les Guadeloupéens prennent des vacances juste pour pouvoir suivre le Tour de Guadeloupe ! Les cyclistes Guadeloupéens sont des stars dans leur région. Pendant dix jours, l’île ne vit que pour le vélo.

  • Au niveau de la nutrition, vous avez mangé local ?

Un petit peu oui, mais à l’hôtel nous avions surtout des plats sportifs donc ça ne changeait pas beaucoup de nos habitudes. Par contre, j’ai découvert la confiture et le jus de goyave et j’ai adoré !

  • Tu as participé la semaine dernière aux Quatre Jours des As en Provence. Quel est ton état d’esprit actuel ?

Oui je reprenais la compétition après avoir coupé une petite semaine sans vélo suite au Tour de Guadeloupe. C’était surtout pour retrouver le rythme que j’ai fait les Quatre Jours des As. Je ne suis pas passé loin de remporter une étape le deuxième jour et cela m’a redonné confiance pour la fin de saison. Je suis donc confiant et j’espère réaliser une bonne fin de saison. Il y a des courses qui me tiennent à cœur comme la Classic Jean-Patrick Dubuisson et Paris-Châlette-Vierzon où j’espère réaliser de bons classements.

  • Quels sont tes objectifs pour la fin de la saison ?

Il y a la dernière manche de Coupe de France ce week-end (couru aujourd’hui – Alexis a abandoné) qui sera importante puis comme je l’ai dit la Classic Jean-Patrick Dubuisson organisé par mon ancien club de Montmarault-Montluçon et Paris-Châlette-Vierzon que j’affectionne beaucoup.

  • Et pour l’an prochain, as-tu quelques pistes pour réaliser le rêve de passer pro ?

Je croise les doigts !

Crédit photo : Simax Communication

Rédigé par

Natacha Cayuela - Coordinatrice pour cyclistes

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.