Maximilien Picoux avec T-Palm comme tremplin

- Premier volet - D'un pays froid à celui des frites

  • jeudi 9 mars 2017

Passons la frontière et prenons la direction d’un pays où le cyclisme est roi ; direction la Belgique pour ce nouveau Plat ! En compagnie de Maximilien Picoux, 21 ans, évoluant cette année dans l’équipe T-Palm Pôle Continental Wallon, voici une recette qui comme toujours, est concoctée avec passion.

 Bonjour Maximilien, nous sommes ravies de mettre le cyclisme belge à l’honneur à tes côtés ! Sur Twitter, tu as posté le mois dernier une photo au sommet du col de Vence (même deux puisque c’est un montage) qui aurait pu trouver sa place dans notre Entrée. À onze ans, tu portais déjà haut les couleurs de la Belgique, du moins sur ton maillot ! À cette époque, pensais-tu déjà que tu aurais pu atteindre ton niveau actuel ? Depuis quand as-tu cette volonté de passer pro ?

Je ne pensais pas atteindre ce niveau à cet âge-là puisque c’était uniquement un loisir et à l’époque je commençais à peine les compétitions. Je prenais ça comme un jeu mais j’étais déjà un grand fan de cyclisme. C’est un peu une histoire de famille : mon papy, mon père et maintenant moi.

La volonté de passer pro est survenue depuis que j’ai été coureur dans l’équipe que mon père avait créée au Canada. Il nous a mis dans des conditions exceptionnelles et on se sentait « pro ». Des stages dans le Sud de la France, des vélos identiques pour tous les coureurs et du matériel digne de ce nom allant jusqu’à mettre nos prénoms sur les maillots. C’est là que j’ai vraiment commencé à considérer cette discipline plus sérieusement et devenir comme mes idoles d’enfance et par conséquent devenir pro.

  • Tu as aussi un lien avec le Canada ?

Oui, j’y ai vécu 11 ans (de mes 3 ans à mes 14 ans) et c’est là que j’ai commencé le vélo. C’est également là que j’ai gagné ma première course. Comparé à la Belgique, le Canada est un pays très pauvre au niveau cyclisme notamment dû à l’hiver relativement long et donc une saison cycliste plus courte qu’en Belgique.

  • Après avoir passé trois années au sein de l’équipe Color Code, tu évolues donc chez T-Palm Pôle Continental Wallon cette saison. Peux-tu nous parler de ton équipe ? 

En effet, cette saison se passe pour moi chez T-Palm, une équipe continentale belge. C’est d’ailleurs la première équipe de ce genre à avoir vu le jour dans le sud de la Belgique et fête cette année ses 12 ans d’existence. La philosophie de cette équipe me plaît beaucoup puisque l’objectif principal est de donner la chance à des jeunes talents d’apprendre le métier et de passer professionnel sans crouler sous la pression. Le sponsor principal T-Palm est en réalité une entreprise de construction qui finance principalement cette équipe.

  • Le mois de mars est important pour toi. Comment abordes-tu ces courses qui te tiennent à cœur ? 

Pour me permettre d’entamer cette saison dans les meilleures conditions, j’ai pris l’initiative de partir presque un mois dans les Alpes-Maritimes, à Grasse près de Cannes. J’ai pu m’entraîner dans de très bonnes conditions avec une météo très clémente comparée à celle en Belgique durant la même époque. J’y ai accumulé les kilomètres et les dénivelés avec comme objectif principal d’arriver en forme pour le mois de mars sans l’être trop tôt non plus, erreur commise l’an dernier. Le mois de mars est important, certes, mais c’est surtout la fin du mois qui l’est puisque mon premier objectif de l’année (Triptyque des Monts et Château) commence le 31 mars.

  • Et ensuite, quelle orientation va prendre ta saison ?

Disons que j’aimerais connaître des pics de forme notamment pour le Triptyque des Monts et Château comme évoqué plus tôt mais également en fin mai pour le Paris-Roubaix Espoirs. Sans oublier bien sûr la fin de saison où l’on court très souvent avec les pros comparé au début de saison et où beaucoup de choses importantes se décident.

  • Pour te donner tous les moyens de réussir à atteindre ton objectif de passer pro, tu consacres toute cette saison au vélo. Est-ce que tu ressens une pression particulière ou arrives-tu à rouler toujours librement et avec plaisir ?

Il y a certes une pression que je « m’inflige » moi-même étant donné que c’est un peu l’année de la dernière chance même si je suis encore relativement jeune. Je prends encore et toujours un grand plaisir à rouler et c’est bien la raison pour laquelle je suis encore présent sur les courses.

  • Comme beaucoup de coureurs, tu es aussi actif sur les réseaux sociaux. On a remarqué deux choses : tu t’es créé tes propres hashtags, d’où vient cette idée qui nous a fait sourire ?

(Rires) Cette idée de hashtags était en premier lieu un petit délire pour décompresser un peu avant le début de saison. Et puis finalement, il s’est avéré que les personnes qui me suivaient étaient attentifs à ces hashtags qui résumaient un peu mes journées d’entraînement et qui m’étaient propres comme #MadMaxàGrasse par exemple.

  • Tu proposes également des cartes de remerciements aux personnes qui souhaiteraient t’aider à financer ta saison (et à demander via ta page Facebook). On en déduit qu’en Belgique aussi, il est difficile de courir au plus haut niveau amateur d’un point de vue financier ?

Il est clair qu’une saison cycliste a un coût difficile à assumer (déplacements, achat de matériel spécifique et très couteux, stages, inscriptions aux courses,…). J’ai en effet pris l’initiative de faire des cartes de soutien puisque cette année, je dois faire face à tous les frais pour la saison contrairement à l’année dernière où je bénéficiais d’un soutien financier. C’est clairement très difficile à assumer et il est impensable de vivre comme ça plusieurs saisons d’affilées.

  • Justement, parlons de la Belgique et des liens qui unissent ce pays au vélo. La ferveur traverse nos frontières, notamment avec des images de cyclo-cross tout comme sur les Classiques, où le public vient en masse chaque week-end. Comment vies-tu ça de l’intérieur ?

Il est vrai que la Belgique est une terre de cyclisme et je m’en suis nettement rendu compte lors de mon retour du Canada. Rien que le nombre de coureurs sur chaque course alors qu’il y en a relativement beaucoup comparé à l’Amérique du Nord a déjà été dépaysant pour moi. Je pense que la Gullegem-Koerse a été le plus impressionnant pour moi de par le nombre effarant de spectateurs !

  • Y-a-t-il autant d’engouement pour les courses des amateurs ? pour les féminines ?

Je ne suis pas beaucoup le monde amateur et féminin mais du peu que je connais, le nombre de courses amateurs est assez impressionnant. Quant au cyclisme féminin, il semble en plein essor mais encore une fois, il y a de grosses lacunes concernant les aides financières, ect. L’équipe CANYON-SRAM Racing est justement une équipe qui met en avant le cyclisme féminin avec une belle philosophie.

  • Comment est structuré le cyclisme en Belgique  ?

Il y a la Ligue Nationale (RLVB), les deux fédérations : en Wallonie la FCWB et en Flandre la Cycling Vlaanderen.

  • Dans l’idéal, tu souhaiterais poursuivre ta carrière dans une équipe de cette nationalité ?

Dans l’idéal oui, mais si j’ai l’opportunité de signer pro ailleurs ou du moins d’être rémunéré à l’étranger pour vivre de ma passion alors oui, je le ferai.

  • Comment aimes-tu passer ton temps en dehors du vélo ?

En fait, je n’ai pas tant de temps libre. J’essaye de me reposer un maximum et de récupérer au mieux pour les courses à venir. Au final il n’y a pas de « en dehors du vélo », être cycliste est un mode de vie et par conséquent même le temps libre est minutieusement calculé. Le tout est de ne pas céder sous le poids de la pression et prendre un peu du bon temps avec les gens qui comptent.

  • Quelque chose à ajouter ?

#MadMaxAuBonDossard !

  • C’est que ça résonne plutôt bien ! Un grand merci à toi, et surtout on souhaite à toute l’équipe T-Palm une belle saison et de la réussite dans vos objectifs. Une saison que l’on va suivre de près car c’est avec grand plaisir que l’on te retrouvera prochainement pour un deuxième volet, qui partagera tes aventures. Alors bonne route et à bientôt !

Crédits : Maximilien Picoux et

Photo Évasion – By Laurent M

Rédigé par

Natacha Cayuela - Coordinatrice pour cyclistes

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.