Tout un pavé avec Les Amis de Paris-Roubaix

Une histoire contée par Florent Debruyne

  • jeudi 29 mars 2018

Dans l’univers de la Petite Reine, ça ne sera pas un jour comme les autres. Car ce n’est pas une course comme les autres. Elle effraie, elle se prépare, elle se rêve et surtout, elle révèle à chaque édition, le nom d’un champion. À vrai dire, tous ceux qui osent s’y aventurer le sont, des champions. Et pour qu’ils puisent briller par leurs exploits, par leur force et leur courage, celle qui a gagné depuis longtemps le surnom de « L’enfer du Nord » doit elle aussi se préparer.

Bien avant le vacarme, l’excitation sur ces routes très particulières comme sur les bas côtés, des bénévoles s’affolent dans l’ombre pour que tout soit prêt. Des milliers de pavés. Voilà ce que eux aussi ont à affronter, ou plutôt à réparer, ressourcer. D’une certaine manière, ce sont leurs secteurs, tellement ils y auront passé des heures. Réunis dans une association nommée « Les Amis de Paris-Roubaix », ils anticipent les dangers, avec seulement quelques outils pour tout rafistoler. Ces passionnés iraient jusqu’à faire briller ces bouts de pierres tant sollicités s’ils le pouvaient.

Alors imaginez ce que ces « Anges gardiens des pavés » ressentiront ce fameux jour J. Avant celle qui sera la 116ème édition de la mythique épreuve qu’est Paris-Roubaix, nous allons vous conter en leur compagnie leur histoire, qu’ils écrivent avant ce 8 avril 2018. À n’en pas douter que c’est en partie grâce à eux que l’un des coureurs qui s’élancera entrera à son tour dans la légende.

 

Chapitre I – Présentation –

~ Pour Florent Debruyne et sa famille, tout est dans la Passion… et les pavés ~

Florent Debruyne

Florent Debruyne

Je m’appelle Florent, j’ai 18ans, je suis étudiant en communication. Depuis tout petit, je suis dans l’association grâce à mon père, qui en est également membre. Mes parents se sont rencontrés grâce à Paris-Roubaix et j’ai donc naturellement été baigné dans le cyclisme et dans Paris-Roubaix.

J’ai fait du cyclisme sur route et piste pendant dix ans et même si j’ai arrêté, je suis toujours aussi fan de cyclisme. Récemment, j’étais à l’E3 et à Gand-Wevelgem, je serai présent au Ronde, avant le grand jour, le 8 Avril. Aujourd’hui, je m’occupe de la communication et des relations presse de l’association.

 

~ Paris-Roubaix a été en danger ! ~

L’association à été créée en 1977 par Jean-Claude Vallaeys dans une période très tendue, alors que Paris-Roubaix était en crise, avec de moins en moins de secteurs pavés. Les premières actions ont été des négociations avec les villes pour classer les pavés ou au moins les entretenir. Dans les années 80 ont eu lieu les premières expositions dédiées à la course, et dans les années 90, les premiers gros travaux ont été lancés, pour réintégrer d’autres secteurs, et entretenir les plus abîmés. Nous nous sommes liés avec des lycées horticoles en 2002 et depuis, chaque années nous travaillons sur quatre à six secteurs pavés avant la course.

Aujourd’hui, le président est François Doulcier, il est également fan de Paris-Roubaix et au-delà, passionné du patrimoine de la région. Il lutte au quotidien pour la course ; c’est lui qui discute avec les élus, et qui supervise les travaux. Il me laisse une totale liberté sur la communication.

 


Chapitre II – Préparation –

~ Des partenaires, des volontaires et une bonne dose de volonté comme de savoir-faire ~

Nous avons au total dix-neuf partenaires, dont dix villes, La communauté de communes du Pévèle Carembault, la communauté d’agglomération de la porte du Hainaut, la métropole européenne de Lille, le département du nord, la Région Haut de France, ASO, et d’autres encore. Ces partenaires nous aident à renouveler les secteurs endommagés, nous avons différents types d’actions :

– Les actions par les bénévoles de l’association : Travaux un peu plus éloigné du pavage traditionnel, par exemple, opérations de dé-macadamisation, ou encore réparation de nids de poule.
– Les actions par les Lycées horticoles : Ce sont des travaux supervisés par l’association mais réalisés par des lycéens en formation, cela concerne le repavage.
– Les actions par le service publique : Ce sont des travaux à partir de la demande de l’association, qui sont financés et réalisés par le département ou région.

Nous sommes très motivés car généralement, les travaux évoluent très vite et avec la joie de vivre. Les gens sont contents de travailler sur les secteurs, et ça nous motive beaucoup. Nous sommes une association qui travaille dans l’ombre, et avoir de la reconnaissance auprès de la presse nous motive également beaucoup.

 


Chapitre III – Exécution –

~ Une journée de réparation pas si « type » que ça ~

Supposons que c’est un repavage de plusieurs ornières sur un secteur :
1- Repérage des endroits à travailler
2- Mise en place des équipes sur les ornières
3- Dépavage de la zone
4- Remise d’un fond propre et plat, avec un mélange qui va consolider le pavé
5- Repavage, suivant des techniques très précises de paveur.

C’est dur de décrire une journée car ce n’est jamais pareil, jamais les mêmes pavés, jamais les même techniques etc.

 


Chapitre IV – Satisfaction –

~ Force & Fierté ~

Après de longues (même courtes) rénovations, forcement, nous sommes très fiers, fatigués mais fiers de ce qu’on a fait pour la plus belle course du monde. Personnellement, parfois j’ai même du mal à quitter le chantier. C’est le cas pour l’ensemble des bénévoles, nous éprouvons une grande fierté et voulons montrer au maximum de personnes ce que l’ont fait. Par exemple, travailler sur un chantier m’aide beaucoup pour la communication de l’association.

 

               

 


Chapitre V – Prémonitions –

~ Des détails sur le parcours de la 116ème édition jusqu’aux noms du futur champion ~

Le parcours est particulier avec ses vingt-neuf secteurs pavés. Ils sont tous très durs, mais si je devais en retenir trois, ce serait les trois plus durs: la Trouée d’Arenberg, le secteur de Mons-en-Pévèle et le carrefour de l’arbre. (Tous classés cinq étoiles.)

La trouée d’Arenberg : C’est un secteur tout en ligne droite dans le site minier de Wallers. Le secteur est particulièrement enherbé et en descente sur sa première partie. Les coureurs arrivent à 60km/h dans le secteur, il y a plein de supporters et je dirais que c’est l’endroit où le risque de chute est le plus élevé.

Le secteur de Mons-en-Pévèle : La course est déjà bien décantée, le secteur est également en cuvette, et très souvent boueux. Le secteur sonne l’entrée dans le final de la course. Le pavé est particulièrement rude.

Le carrefour de l’Arbre : C’est le dernier secteur majeur de la course, il en reste encore trois mais ils sont moins durs. Situé à 15 kilomètres de la ligne, il est très attendu par le public. L’entrée du secteur est la partie la plus difficile, les pavés sont déjointés avec des dizaines de trous. On dit généralement que celui qui passe devant le restaurant de l’arbre en tête, lèvera les bras à Roubaix.

Cette année, j’aimerais voir un français gagner. Je vois Arnaud Démare mais je dois avouer que l’équipe Quick-Step sera très difficile à battre. J’ai pu voir que Philippe Gilbert est très en jambe cette saison. Alors je mise Philippe Gilbert.
Le président, François Doulcier croit en Arnaud Démare et pense qu’il peut s’imposer.

 

 


Chapitre VI – Admiration –

~ Place à ce 8 avril 2018 tant attendu ~

Le jour j , je vais voir à quatre reprises les coureurs. D’abord au départ à Compiègne, puis sur deux secteurs pavés, le secteur 28 (Quievy) et le secteur 16 (Hornaing) avant de rejoindre la ligne d’arrivée à Roubaix.
C’est beaucoup de pression le jour de la course, avec beaucoup d’adrénaline. Je vais vivre la course sur le terrain mais je suis obligé de la regarder en replay pour vraiment comprendre comment elle s’est déroulée. Généralement je la regarde le soir, à partir du premier secteur à Troisvilles.

 


Chapitre VII – Conclusion –

~ Quelques mots pour combler notre faim ~

Merci à l’ensemble des bénévoles et adhérents, sans qui, Paris-Roubaix appartiendrait au passé aujourd’hui, et avec les Amis de Paris-Roubaix devenez acteur de la course !

*****

À nous d’ajouter : un grand Bravo à toute l’association ainsi que tous les volontaires pour continuer à faire rêver autant les cyclistes que ceux qui les admirent. Merci à Florent Debruyne pour sa disponibilité. Ce mets fut un délice à concocter… un bon pavé pour patienter jusqu’au départ de Paris-Roubaix !

 

 

Crédit photos : Les Amis de Paris-Roubaix – Florent Debruyne

Rédigé par

Natacha Cayuela - Coordinatrice pour cyclistes

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.