Des nouvelles d’Audrey Cordon-Ragot

Une gentleman à son nom pour conclure la saison

  • mercredi 2 novembre 2016
 Lors de l’un de nos premiers petits plats, nous avions fait plus ample connaissance avec une jeune mariée pleine d’ambition. Presque deux ans plus tard, nous retournons prendre des nouvelles d’Audrey Cordon-Ragot, qui roule depuis deux saisons dans l’équipe Wiggle. (avec comme co sponsor Honda puis High5).
  • Bonjour Audrey, il s’en est passé des choses depuis notre premier entretien ! Quels sont les faits et les résultats qui t’ont le plus marqué ces deux dernières années ?

Ces deux dernières années ont été riches en émotions en tous genres : déception, bonheur, malheur. J’ai beaucoup progressée physiquement. Je me connais de mieux en mieux et mes titres de championne de France du chrono sont le résultat d’un gros travail et de beaucoup d’expérience accumulée.

  • Tu es donc devenue deux fois championne de France du contre-la-montre, félicitations à toi ! Est-ce le premier titre qui a été le plus difficile à obtenir ? Ou bien le fait de vouloir conserver le maillot tricolore ?

Je pense que c’est de le conserver.  Je ne m’attendais tellement pas à l’être en 2015 que je n’avais pas plus de pression que ça. Mais cette année, j’étais dans le viseur des médias et du public donc je n’avais pas le droit de me louper.

  • Cette saison n’a pas très bien commencé pour toi, avec une fracture de la clavicule. Qu’est-ce qui a fait que tu as pu revenir plus forte le plus rapidement possible ?

J’ai serré la vis, j’ai beaucoup travaillé. J’ai fait le métier comme jamais auparavant, je n’avais qu’un objectif en tête : être prête pour les Jeux Olympique en Août.

  • Tu as participé aux épreuves des Jeux Olympique puis aux Championnats du monde. As-tu ressenti plus de pression que sur les autres compétitions ?

Pour les JO, ça été très difficile, la concurrence était rude avant même de connaître la sélection finale. Je me suis mise personnellement beaucoup de pression pour assurer et faire honneur à ma sélection, je suis ressortie vidée.

Derrière, j’ai pris la fin de saison comme elle venait. Je ne supportais plus aucune pression et j’avoue que les Mondiaux n’étaient pas mon objectif. J’y suis allée sans pression et pour donner un coup de main aux deux sprinteuses qui avaient bien plus de chance que moi de briller.

  • Es-tu satisfaite de cette année avec ton équipe ? As-tu déjà fait le bilan des points positifs et de ce que tu voudrais améliorer à l’avenir ?

Cela aura vraiment été une année compliquée car tout le monde était concentré sur les JO et c’est très difficile de faire sa place à ce moment-là. Je suis arrivée plus tard à cause de ma chute et le temps de revenir au niveau, les autres étaient au top et les dirigeants ont eu du mal à me faire confiance.

J’ai vraiment envie d’avoir un rôle de leader ou d’outsider sur les courses qui me conviennent, je suis prête à assumer ce rôle.

  • Le samedi 5 novembre prochain, tu organises la première édition de ta Gentleman, qui aura lieux à Plumieux, en Bretagne. Comment est née l’idée de cette épreuve ?

Cela faisait longtemps qu’avec mon papa Jacques, on voulait réorganiser quelque chose dans la commune où je suis née. Il a déjà organisé à plusieurs reprises des compétitions et notamment un Championnat de Bretagne contre-la-montre en 2007 que j’avais gagné en Juniors.

Je trouvais normal de conclure une année Olympique où tout le monde m’a soutenu autour de moi en Bretagne par une belle fête autour du vélo. C’est l’occasion de passer un super moment tous ensemble avec mes amis, famille et supporters.

  • Quelles ont été les démarches à effectuer pour que tout soit près le jour J ?

Ҫa été une longue préparation, mon papa avec l’aide d’amis du vélo m’ont beaucoup soutenu et aidé. D’un point de vue général, nous avons eu l’appui de la mairie et de la préfecture aisément car ils apprécient le fait qu’on veuille dynamiser le secteur.

J’ai de plus le soutien de mes sponsors qui me soutiennent déjà à l’année et je les en remercie.

  • Plusieurs épreuves vont donc avoir lieu dans la journée, peux-tu nous en dire plus ?

Le parcours est le même pour tout le monde : deux tours de neuf kilomètres à effectuer à deux.  Nous avons plusieurs classements : licenciés, non licenciés (gentlemen), mixtes, dames et enfants « Juniors ».

  • Comment envisages-tu les prochains mois et la future saison ?

J’espère une saison 2017 sous le signe de la « chance », pas de chute grave, pas de maladie… Une saison calme qui me permette de m’exprimer à 200%, et de prendre du plaisir.

On te remercie pour ton accueil et ta disponibilité. Et on te souhaite de bons futurs moments à Plumieux comme ailleurs.

Rédigé par

Natacha Cayuela - Coordinatrice pour cyclistes

Passionnée de vélo depuis ses dix ans, Natacha est la fondatrice du site qui ravitaille le cyclisme. Elle est également l'auteur du roman La Bonne échappée, où l'univers de la Petite Reine est mis à l'honneur.